Un parcours de PMA est souvent synonyme de rendez-vous médicaux, d’examens, de traitements et d’attente. Mais derrière le protocole médical, il y a surtout un couple, une femme qui traverse une période qui peut être particulièrement intense, physiquement comme émotionnellement. Alors, comment prendre soin de soi lorsque son quotidien semble entièrement rythmé par son projet de grossesse?
La PMA peut rapidement prendre beaucoup de place. On pense aux prochaines étapes, aux résultats, aux traitements, aux rendez-vous. Le corps devient lui aussi très présent: on l’observe, on le surveille, on attend qu’il réponde. Cette médicalisation peut parfois donner le sentiment de ne plus vraiment habiter son corps de la même manière. Pourtant, prendre soin de soi pendant une PMA ne consiste pas à chercher une nouvelle méthode pour favoriser la grossesse. Il s’agit avant tout de ne pas s’oublier au milieu du parcours.
L’Organisation Mondiale de la Santé souligne d’ailleurs que ce parcours peut avoir des conséquences importantes sur la santé psychologique et le bien-être, avec notamment du stress, de l’anxiété, une détresse émotionnelle ou un sentiment d’isolement. Les recommandations françaises insistent également sur l’importance de prendre en compte les dimensions psychologiques, relationnelles et sociales.
Alors, peut-être que la première chose à faire est simplement de réapprendre à écouter son corps. Pendant une PMA, il peut être tentant de vouloir tout contrôler: son alimentation, son sommeil, son activité physique, ses émotions… Pourtant, il n’existe pas de comportement parfait à adopter pour réussir son parcours. Certains jours, prendre soin de soi sera aller marcher, bouger et sortir prendre l’air. D’autres jours, ce sera dormir davantage, annuler une sortie ou simplement ralentir. Écouter son corps, c’est aussi accepter qu’il puisse avoir besoin de repos.
Il en va de même pour les émotions. Espérer très fort et avoir peur d’être déçue peuvent parfaitement coexister. On peut être heureuse pour une proche enceinte et ressentir en même temps une profonde tristesse. On peut avoir envie d’y croire un jour et ne plus avoir d’énergie le lendemain. Il n’est pas nécessaire de rester positive en permanence ou de « lâcher prise » pour traverser une PMA. Et surtout, ressentir du stress ou de l’inquiétude ne signifie pas que l’on compromet ses chances de réussite.
Ne pas rester seule peut également être essentiel. Pouvoir parler à son partenaire, à un proche, à un professionnel ou à une association peut permettre de déposer ce qui devient trop lourd. Le couple peut lui aussi être mis à rude épreuve lorsque les rendez-vous et les traitements prennent progressivement toute la place. Continuer à partager des moments qui n’ont rien à voir avec la PMA, rire, sortir, voyager, se retrouver ou simplement parler d’autre chose peut aider à préserver cette relation qui existe bien au-delà du projet parental.
L’entourage n’est pas toujours facile à gérer non plus. Les injonctions telles que « il faut arrêter d’y penser », « lâche prise » ou « ça va marcher » sont souvent prononcés avec de bonnes intentions, mais peuvent être difficiles à entendre. Pendant une PMA, vous avez le droit de ne pas répondre aux questions, de choisir les personnes à qui vous souhaitez parler et de poser vos limites. Vous avez également le droit de vous éloigner temporairement de certaines conversations ou de certains contenus sur les réseaux sociaux si ceux-ci deviennent trop douloureux.
Enfin, s’offrir de véritables parenthèses peut être précieux. Un massage, un soin bien-être, un moment de relaxation ou simplement quelques heures consacrées à soi permettent de retrouver un espace où le corps n’a rien à prouver et où l’on n’attend aucun résultat. Ces soins ne remplacent évidemment pas le suivi médical ou psychologique et ne prétendent pas agir sur la fertilité. Ils peuvent simplement offrir une pause, favoriser le relâchement et permettre de retrouver une relation plus douce avec son corps.
À La Maison Source, c’est cette approche que je souhaite proposer aux femmes: un espace de douceur, d’écoute et de bien-être, en complément du parcours médical, pour ne pas oublier la femme derrière la patiente. Parce qu’une PMA peut faire partie de votre histoire sans vous définir entièrement. Vous restez une femme avec des envies, des projets, des émotions, un corps et une vie qui continuent d’exister pendant ce parcours. Et parfois, prendre soin de soi commence simplement par une question: de quoi ai-je besoin aujourd’hui?
Sources : Organisation mondiale de la Santé (OMS), Haute Autorité de Santé (HAS), Agence de la Biomédecine.

