Le deuil périnatal est une réalité vécue par de nombreuses familles, mais dont on parle encore trop peu. Il peut faire suite à une fausse couche, une interruption médicale de grossesse, une mort fœtale in utero ou au décès d’un bébé à la naissance ou dans les premiers jours de vie, ou après. Mais derrière ces termes médicaux, il y a surtout un enfant attendu, imaginé, aimé, et une histoire familiale qui avait déjà commencé à s’écrire.
Lorsqu’un bébé est perdu, ce n’est donc pas uniquement son absence qu’il faut apprivoiser. C’est aussi tout un avenir imaginé qui disparaît soudainement: les projets, les habitudes, les premières fois, la place que cet enfant devait prendre dans la famille. Comprendre cela permet de mieux comprendre pourquoi cette perte peut être si profondément bouleversante, quelle que soit la durée de la grossesse.
Après une perte, il est également fréquent de chercher une explication. Le cerveau tente de donner du sens à ce qui paraît incompréhensible : Pourquoi? Est-ce que j’ai fait quelque chose? Est-ce que j’aurais pu l’éviter? La recherche montre d’ailleurs que la quête de sens occupe une place importante dans le processus de deuil périnatal.
C’est aussi pour cela que l’entourage est si important. Après un deuil périnatal, on peut parfois avoir l’impression que le monde continue alors que le sien s’est arrêté. Les proches ne savent pas toujours quoi dire et peuvent, par peur de faire mal, éviter de parler de l’enfant. Pourtant, il n’est pas nécessaire d’avoir les bons mots. Être présent, écouter, reconnaître la perte, accepter les silences et permettre aux parents de parler de leur bébé peuvent déjà être une véritable forme de soutien.
Il est également possible de ne pas rester seul face à ce que l’on traverse. Une sage-femme, un psychologue, un professionnel de la périnatalité, un médecin ou une association spécialisée peuvent offrir un espace pour déposer cette histoire, poser ses questions, comprendre ses émotions et être accompagné sans jugement.
Les recherches montrent que les accompagnements psychosociaux peuvent aider les parents après la perte d’un enfant, notamment en leur permettant de retrouver un espace de parole et du soutien dans cette période particulière. Il n’y a pas de manière idéale de faire son deuil. Il n’y a pas non plus de délai pour traverser cette épreuve. Chacun avance avec son histoire, ses besoins et sa temporalité.
Demander de l’aide n’est pas une faiblesse. Être entouré n’efface pas la perte, mais peut permettre de ne pas avoir à la porter seul. Parce qu’un bébé qui a été attendu et aimé a compté. Parce qu’une grossesse interrompue a existé. Et parce qu’un parent endeuillé reste un parent.
Si vous traversez un deuil périnatal, n’hésitez pas à en parler si vous en ressentez le besoin. À un proche, à une personne de confiance, à un professionnel de santé, à un professionnel de la périnatalité ou à une association spécialisée. Il existe des espaces pour être écouté, accompagné et entouré, sans avoir à justifier sa peine.

