On parle beaucoup de la grossesse, de l’accouchement et de l’arrivée du bébé. Mais beaucoup moins de ce que peut vivre une femme psychologiquement après la naissance.
Le post-partum est une période de grands bouleversements. Le corps se transforme, le sommeil est perturbé, les repères changent et une nouvelle identité se construit : celle de maman. Il faut apprendre à prendre soin de son bébé, trouver sa place, s’adapter à ce nouveau quotidien… quelques fois avec le sentiment de ne plus vraiment savoir qui l’on est.
La dépression post-partum peut se manifester de différentes façons : tristesse persistante, pleurs fréquents, grande fatigue, anxiété, irritabilité, perte de plaisir, sentiment de culpabilité, impression de ne pas être à la hauteur, difficultés à créer du lien avec son bébé ou encore sentiment d’être dépassée par la situation.
Aimer son bébé et souffrir psychologiquement peuvent coexister. Une mère peut être heureuse d’avoir accueilli son enfant et pourtant se sentir profondément mal. Elle peut avoir désiré cette grossesse, avoir attendu ce bébé et malgré tout traverser une période douloureuse. Cela ne signifie pas qu’elle est fragile ou qu’elle est une mauvaise mère.
La dépression post-partum est une souffrance psychique qui peut toucher de nombreuses femmes et qui mérite d’être identifiée et accompagnée. Les données de Santé publique France montrent qu’à deux mois après l’accouchement, environ 17 % des femmes présentent des symptômes dépressifs. D’autres manifestations psychiques sont également fréquentes : 28 % présentent des symptômes anxieux et 5 % déclarent des idées suicidaires.
Ces chiffres nous rappellent l’importance de la prévention, mais aussi du repérage précoce. Il n’est pas nécessaire d’attendre de ne plus réussir à fonctionner au quotidien pour demander de l’aide. Parler de ce que l’on ressent est déjà une première étape.
Une sage-femme, un médecin, un gynécologue, un psychologue, un psychiatre ou les professionnels de la PMI peuvent écouter, évaluer la situation et proposer un accompagnement adapté. Demander de l’aide n’est pas un échec. C’est prendre soin de soi et de son bébé.
À La Maison Source, il est primordial d’offrir une place à la femme derrière la mère. Un espace pour souffler, prendre soin de son corps, déposer ce que l’on traverse et se sentir entourée, notamment grâce aux accompagnements proposés à domicile ou au cabinet.
Ces soins peuvent participer au bien-être de la mère et s’inscrire dans une démarche de soutien et de prévention. Ils ne remplacent cependant ni un suivi médical, ni un accompagnement psychologique lorsqu’ils sont nécessaires.
Parce que prévenir la dépression post-partum, c’est aussi accepter de parler de ce qui ne va pas, sans jugement et sans culpabilité. Alors, si vous vous reconnaissez entre ces lignes, si vous sentez que votre mal-être persiste ou que vous ne vous reconnaissez plus depuis la naissance de votre bébé, parlez-en autour de vous.
Et si vous êtes proche d’une jeune maman, prenez le temps de lui demander : « et toi, comment vas-tu vraiment ? ». Parce qu’une mère n’a pas besoin d’être parfaite. Elle a besoin d’être accompagnée.
Sources : Santé publique France, données sur la santé mentale des femmes en période périnatale; étude sur l’entretien postnatal précoce en Hérault.

